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Non fugit umbra, fugis
Tous les matins, fermer les volets me massacre le cœur.Clore les volets pour échapper au soleil, garder le peu de fraîcheur à l’intérieur ; se priver de la lumière, par nécessité.Je ferme ces volets et le noir progresse, coule sur mes pieds, agrippe mes chevilles. Je sens monter l’ombre, un centimètre après l’autre, le long de la vitre – à l’intérieur de moi, jusqu’aux cernes sous mes yeux. Une encre épaisse, que la plume inerte peine à vider. C’est une sensation insupportable. Je me noie, et les impressions remontent. Je ne respire plus, et à la surface du monde, je n’existe plus.C’est une sensation que je connais par cœur. Respirer…